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Du 10 au 12 septembre 2013

Matérialisme et nécessité au XVIIIe siècle

4èmes Journées de La Baule

jeudi 12 septembre 2013, Angélique Thébert, Antoine Grandjean, Michel Malherbe, Pascal Taranto, Vincent Jullien


Au XVIIIe siècle, la matière est par bien des aspects une idée neuve en Europe. Si le siècle précédent est celui de l’invention moderne de la nature, désormais comprise comme l’ensemble des phénomènes obéissant à des lois, il devient alors impossible de reculer devant la question ontologique sous-jacente, qui est celle de l’éventuelle synonymie entre naturalité et matérialité. D’où la présence quasi obsédante d’un matérialisme philosophico-scientifique qui, souvent interprété comme un motif polémique et anti-théologique, est peut-être d’abord à comprendre comme le produit d’une rationalité qui assume jusqu’au bout son projet d’objectivation de la nature. Ontologiquement conséquent, ce matérialisme ne pouvait à son tour que soulever la question de ses suites pratico-métaphysiques, ouvrant la voie à un fatalisme renouvelé, parce que ne découlant pas directement de fondements théologiques.

Ce colloque s’interrogera sur « la conséquence matérialiste » au XVIIIe siècle, l’expression étant à prendre en un double sens, et produira une double question, épistémique et pratique : Plutôt qu’un motif idéologique, le matérialisme n’est-il pas le produit d’une raison assumant jusque dans ses dernières conséquences, et garantissant du même coup, son projet de connaissance ? Et quelles sont les conséquences pratico-métaphysiques du matérialisme concernant la question de la liberté ? Cette réévaluation des deux motifs que sont le matérialisme et le fatalisme philosophiques pourrait bien contribuer à dessiner la figure d’un XVIIIe siècle hautement métaphysicien, y compris – ou surtout – lorsqu’il se veut le siècle de la critique de la métaphysique.

Deux noms recommandent fortement une telle problématique. Celui de Joseph Priestley, qui soutient explicitement que le matérialisme, qu’il adopte en s’inscrivant dans une tradition hobbésienne, nourrie des apports originaux de Boscovich et Michell, le contraint au fatalisme, et que l’établissement de ce dernier constitue aussi bien une manière de preuve indirecte du premier. Celui d’Emmanuel Kant, qui voit précisément dans cette position de Priestley l’incarnation typique de la plus haute vertu philosophique, qui est la conséquence, et dont une autre mise en œuvre doit désormais ouvrir « le seul chemin qui demeure ouvert », celui, critique, du transcendantal.

Les travaux seront organisés en quatre sections, respectivement consacrées : à la philosophie de langue anglaise (envisagée tout particulièrement au prisme de la réception de Hobbes) ; à la manière dont ces questions ont pu être élaborées dans le champ même des sciences de la nature ; à la façon dont les matérialistes français ont envisagé le rapport entre leur thèse ontologique et le problème crucial de la liberté ; et à l’éventuelle spécificité du traitement de ces questions dans l’Aufklärung, de Wolff à Kant. On espère ainsi montrer la fécondité du concept du matérialisme et l’insistance du « problème liberté » pour une compréhension renouvelée de l’unité philosophique des Lumières.


Avec : Sophie AUDIDIÈRE, Eric AUDUREAU, Michel BLAY, Patrick CERRUTI, Matteo FAVARETTI-CAMPOSAMPIERO, Antoine GRANDJEAN, Vincent JULLIEN, Eléonore LE JALLÉ, Michel MALHERBE, François PÉPIN, Pascal TARANTO, Angélique THÉBERT, Stéphane SCHMITT & Charles T. WOLFE


Journées organisées par Antoine GRANDJEAN & Pascal TARANTO avec la participation du CEPERC (CNRS UMR 7304).

P.-S.

Programme complet et affiche à télécharger ci-dessous




À propos :

Maître de conférences. Philosophie allemande moderne et contemporaine ; Philosophie morale et politique.


Courrier électronique : Antoine Grandjean


Actualité de Antoine Grandjean
  • Séminaire Kant

    2015-2016

    Antoine Grandjean
    Consacré à l’actualité des études kantiennes, ce séminaire de recherche est co-animé par François CALORI (Université de Rennes 1), Antoine GRANDJEAN (Université de Nantes) et Dominique PRADELLE (Université Paris-Sorbonne). Il est ouvert à tous.
    Les séances mensuelles ont lieu à Paris, le vendredi (Maison de la recherche, 28 rue Serpente, 75006 Paris, salle D421).
    La première journée annuelle du séminaire se tiendra à l’Université de Nantes, le mercredi 30 mars 2016, de 10h à 17h30, dans la Salle des (...)


À propos :

Histoire de la philosophie anglaise (Locke, Hume, Berkeley, Toland, Collins).

Aujourd’hui : Professeur des universités (Université Aix-Marseile).


Courrier électronique : Pascal Taranto


Actualité de Pascal Taranto
  • Le jeudi 14 et vendredi 15 avril à 20h

    Ciné-Philo 2015-2016

    Cinématographe de Nantes

    Angelo Giavatto, Florent Guénard, Pascal Taranto, Vincent Boyer
    L’association Philonéma et le CAPHI sont heureux d’organiser pour la septième année le cycle de « Ciné-Philo » au Cinématographe de Nantes. Vous trouverez toutes les informations pratiques concernant l’association et les séances sur philonema.fr. Vous y trouverez également les podcasts des séances passées.
    Séances
    Le jeudi 14 et le vendredi 15 avril 2016 à 20h, Pulp Fiction, un film de Quentin Tarantino, suivi d’une intervention de Pascal Taranto.
    Vous trouverez une présentation du film par (...)


À propos :

Docteur et professeur agrégé de philosophie. Enseignante en lycée. Domaines de recherche : histoire de la philosophie de langue anglaise, philosophie écossaise du sens commun, philosophie de la connaissance, philosophie de l’esprit.


Courrier électronique : Angélique Thébert


Actualité de Angélique Thébert
  • jeudi 19 mai et vendredi 20 mai

    Les opérations mentales aux 17ème et 18ème siècles

    Université Paris Ouest Nanterre

    Angélique Thébert
    La philosophie de l’esprit, au XVIIe et au XVIIIe siècles, se propose d’étudier les actes par lesquels l’esprit « opère ». La « logique » ou théorie de la connaissance qu’elle déploie n’est donc pas dépourvue de pragmatisme. Concevoir, juger, raisonner, croire, percevoir, ou ressentir c’est faire. En rendre raison c’est donc prêter attention à l’expérience même de ces opérations mentales. Une fois ce constat posé, toutefois, il reste d’abord à comprendre comment les auteurs ont pu, chacun d’une manière qui leur (...)


À propos :

Professeur émérite. Philosophie anglaise (Hume, Reid, Locke).


Courrier électronique : Michel Malherbe


Actualité de Michel Malherbe

À propos :

Professeur d’histoire et philosophie des sciences. Directeur du département de philosophie de l’université de Nantes. Philosophie et sciences à l’âge classique. Epistémologie de la physique. Mathématiques âge classique.


Courrier électronique : Vincent Jullien


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