in M.-O. Goulet-Cazé (dir.), Études sur la théorie stoïcienne de l’action, Paris, Vrin, 2011, p. 451-472
lundi 3 octobre 2011,
Dans ce chapitre, nous discutons le processus de l’action dans son ensemble à l’intérieur d’un ouvrage appartenant à la phase impériale du stoïcisme, les Pensées de Marc Aurèle. Nous suivons les différentes étapes du processus telles qu’elles sont présentées par l’empereur, en particulier la représentation (φαντασία) et l’impulsion (ὁρμή). Notre analyse nous amène à deux résultats principaux : d’une part, l’action, même quand ses parties « atomiques » sont prises en compte, est toujours considérée par Marc Aurèle comme inscrite dans le tableau plus ample de l’univers et de ses parties, auxquels l’action singulière est liée par son origine et son but, ce but étant, dans le cas de l’homme, de contribuer par son agir à la cohésion sociale, reflet de la cohésion universelle ; d’autre part, l’action humaine correcte, dans toutes ses étapes, est/doit être guidée et réglée par la partie rationnelle de l’homme en accord avec l’autonomie et la conscience de soi qui la caractérise. Ainsi s’explique entre autres l’importance de la ‘réserve’ (ὑπεξαίρεσις) que l’on applique à chaque impulsion pour signaler son indépendance par rapport aux données extérieures qui risquent d’empêcher la réalisation complète de l’action.
Xavier Brouillette & Angelo Giavatto (éds.)
Angelo Giavatto (traduction et notes) & Simonetta Nannini (introduction)
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